|
. Grand Prix Automobile de Monaco La Principauté de Monaco accueille chaque année, le Grand Prix de Monaco, l'une des plus anciennes et prestigieuses courses automobiles, sur un circuit dans la ville, conçu en 1929, par Antony Noghes fils du Président de l'Automobile Club de Monaco, sous les auspices du Prince Louis II de Monaco. Cette création répondait à un véritable défi, celui d'organiser une compétition sur le territoire exigu de Monaco (environ 1,5 km² à l'époque), condition requise par la Commission Sportive Internationale pour que l'Automobile Club de Monaco soit reconnu internationalement. En effet, l'autre grande compétition monégasque, le Rallye Monte-Carlo, créé dès 1911, était disputé sur les routes de nombreux pays d'Europe. La course inaugurale fut remportée le 14 avril 1929 par William Grover-Williams, au volant d'une Bugatti officielle du constructeur de Molsheim. La Principauté ne connaîtra depuis lors que quatorze années sans Grand Prix. Le Circuit de Monaco serpente autour du port d'Hercule, dans les rues de Monte-Carlo et de La Condamine, enchaînant les virages serrés. La piste étroite est des plus exigeantes et rend les dépassements difficiles. Cependant, au fil des années, l'Automobile Club a apporté des améliorations constantes, notamment en ce qui concerne l'aménagement des stands de ravitaillement. Parler d'anachronisme, pour ce circuit, n'a pas de sens, puisque depuis sa lointaine création, son existence a été paradoxale. Cependant, l'aura de ce Grand Prix et la passion qu'il inspire en ont fait un évènement incontournable de chaque saison de Formule 1. Le Grand Prix de Monaco fut la seconde épreuve au programme du championnat du monde de 1950 (21 mai). Cependant, l'édition du Grand Prix 1952 ne figure pas au programme du championnat de monde de Formule 1, car les organisateurs préfèrent privilégier cette année-là, la catégorie sport à celle de F1. Après une courte éclipse de deux années sans course, le Grand Prix de Monaco reprend en 1955 avec un plateau de Formule 1. La course figure depuis cette date, chaque année au calendrier du championnat du monde de Formule 1. Le record de victoire sur ce circuit en F1 est détenu par Ayrton Senna qui s'est imposé à 6 reprises sur 10 participations. Le Grand Prix de Monaco est organisé par l'Automobile Club de Monaco fondé sous le nom de Sport Vélocipédique de Monaco en 1890, qui organise également le Rallye automobile Monte-Carlo , des épreuves historiques, une compétition pour véhicules électriques ou hybrides et la coupe de Kart de Monaco. Record du tour en course : Michael Schumacher en 1 min 14 s 439 (2004, Ferrari) Record de la pole-position : Fernando Alonso en 1 min 13 s 962 (2006, Renault)
Faits marquants : 1950 : Dès le premier tour de la course, l'Italien Farina (vainqueur une semaine plus tôt à Silverstone du premier Grand Prix de l'histoire du championnat du monde) part à la faute à la sortie du virage du « Bureau de Tabac » et provoque ce qui reste encore aujourd'hui l'un des plus gros carambolages de l'histoire de la F1, dix pilotes devant abandonner. Fangio, qui s'était élancé en tête, ne découvre le carnage qu'un tour plus tard et parvient à se faufiler au ralenti au milieu des monoplaces abandonnées. Il racontera plus tard avoir deviné que la piste était obstruée (le virage du « Bureau de Tabac » est un virage « en aveugle ») en constatant que les spectateurs ne regardaient pas en sa direction. Débarrassé de ses principaux adversaires, l'Argentin remporte facilement son premier succès en championnat du monde. 1955 : Largement favorites, les redoutables Mercedes W196 de Fangio et Moss cassent toutes les deux leur moteur. L'huile répandue sur la piste par la Mercedes de Moss est la cause probable de l'un des accidents les plus fameux de l'histoire de la F1 puisque au freinage de la chicane, Alberto Ascari perd le contrôle de sa Lancia qui plonge dans les eaux du port. Il faut toute la vigilance des hommes-grenouilles pour sauver de la noyade le champion italien, qui s'en sort miraculeusement avec une simple entaille sur le nez, mais qui décèdera quelques jours plus tard dans un autre accident à Monza. La course est remportée par Maurice Trintignant (Ferrari) qui devient le premier pilote français à remporter une épreuve du championnat du monde. 1960 : Stirling Moss remporte l'épreuve sur une Lotus privée du Rob Walker Racing. Il s'agit de la première victoire d'une Lotus en championnat du monde. 1961 : Moss réédite son exploit de la saison précédente. Toujours sur une Lotus privée du Rob Walker Racing, il domine les surpuissantes Ferrari de Ginther, P.Hill et Von Trips. 1965 : Contraint à une folle remontée après avoir tiré tout droit à la chicane du port et avoir du descendre de sa voiture pour la pousser en marche arrière, G.Hill remporte avec panache son troisième succès consécutif à Monaco. En forme d'hommage à son grand rival Jim Clark, absent pour cause de participation le lendemain aux 500 miles d'Indianapolis, Hill aura ses mots restés célèbres : « Aujourd'hui, je me sentais de taille à battre n'importe qui, même Clark. » 1967 : En chasse pendant près de deux heures derrière le futur vainqueur et futur champion du monde Denny Hulme, l'Italien Lorenzo Bandini, à bout de forces, part à la faute à la chicane du port et heurte violemment les barrières. Prisonnier de sa voiture en flammes, il décèdera de ses blessures trois jours plus tard. Suite à ce drame, les organisateurs décident de réduire la longueur de l'épreuve de 100 à 80 tours, soit compte tenu des moyennes de l'époque, de 2h30 à 2h. 1970 : Alors qu'il semblait avoir course gagnée malgré le retour de Jochen Rindt, l'Australien Jack Brabham part à la faute dans le dernier virage du dernier tour et offre la victoire au pilote autrichien. 1972 : Disputée sous des trombes d'eau, l'épreuve est dominée par le surprenant Jean-Pierre Beltoise au volant de sa BRM V12. Cela restera le seul succès en F1 du pilote français. 1981 : Sur sa Ferrari turbo, dont les caractéristiques techniques (moteur très puissant mais manquant de progressivité) ne conviennent pas du tout au tracé monégasque, le Canadien Gilles Villeneuve s'impose au terme d'un véritable numéro d'équilibriste. 1982 : Perturbée par la pluie lors des derniers tours, l'épreuve donne lieu à final rocambolesque : piégé par le changement d'adhérence, le leader Alain Prost heurte le rail dans l'avant-dernier tour. Il est relayé en tête par Riccardo Patrese, lequel part à la faute à son tour. Lui succède alors Didier Pironi, qui tombe en panne d'essence dans le dernier tour. Derrière Pironi, Derek Daly et Andrea de Cesaris tombent également en panne. La victoire revient finalement à Patrese, reparti malgré son tête à queue grâce à l'aide des commissaires et qui signe son premier succès en F1. 1983 : Le départ de l'épreuve est donné sur une piste humide mais asséchante. Alors que les utilisateurs des puissants moteurs turbo sont contraints de chausser des pneus pluie, le champion du monde en titre Keke Rosberg, sur sa Williams à moteur Cosworth atmosphérique, fait le pari de s'élancer en pneus "slicks". Le Finlandais parvient à prendre la tête dès le début de la course, et creuse un écart définitif lorsque ses concurrents doivent s'arrêter pour mettre des gommes lisses. 1984 : Pour la troisième année consécutive, la pluie est de la partie et le départ est donné sous des trombes d'eau. Après un début de course tonitruant de Nigel Mansell qui finit par taper le rail, Alain Prost s'empare du commandement de l'épreuve. Mais rapidement, les regards se braquent vers le jeune pilote brésilien Ayrton Senna (dont c'est seulement la sixième course en F1) qui, parti en fond de grille au volant de sa modeste Toleman, a effectué une spectaculaire remontée jusqu'à la deuxième place et comble rapidement l'écart qui le sépare de Prost. Mais, à l'issue du 31e tour et alors que Senna est revenu sur les talons du pilote français, le directeur de course Jacky Ickx prend la décision controversée d'arrêter l'épreuve au drapeau rouge pour raison de sécurité. (Ickx sera démis de ses fonctions de directeur de course par la FISA suite à cette décision). 1988 : Fort d'une avance de près de 50 secondes sur son coéquipier Alain Prost (il est vrai longtemps retardé par la Ferrari de Berger), Ayrton Senna semble avoir course gagnée mais se déconcentre à 11 tours de l'arrivée et tape le rail au virage du "Portier". 1993 : Ayrton Senna remporte le Grand Prix pour la sixième fois, la cinquième consécutive. Il bat ainsi le record de victoire de Graham Hill dont le fils Damon figure à ses côtés sur le podium. 1994 : Disputé seulement deux semaines après les accidents mortels de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, l'épreuve est marquée par l'accident lors des premiers essais du pilote autrichien Karl Wendlinger, qui a perdu le contrôle de sa Sauber à la sortie du tunnel, le point le plus rapide du circuit. Victime d'un grave traumatisme crânien, il passera plusieurs semaines dans le coma, avant de revenir à la compétition. 1996 : Sous la pluie, profitant de nombreux abandons devant lui mais également auteur de plusieurs manœuvres audacieuses de dépassements (notamment sur la Ferrari d'Irvine), Olivier Panis crée la surprise et offre à l'écurie française Ligier, alors en plein trouble, son premier succès depuis la saison 1981. Seuls 3 pilotes parviennent à franchir la ligne. C'est la dernière victoire d'un pilote français en championnat du monde. 1997 : Encore disputée sous la pluie, la course donne lieu à un nouveau jeu de massacre. Nouvel homme fort de Monaco, Michael Schumacher remporte la course pour la troisième fois. 2003 : Avec sa victoire dans les rues de la Principauté, Juan Pablo Montoya devient le deuxième pilote de l'histoire après Graham Hill à inscrire son nom au palmarès du GP de Monaco et des 500 miles d'Indianapolis. 2004 : Dominateur d'une course émaillée de nombreux accidents (dont la collision sous le tunnel et sous régime de neutralisation entre Schumacher et Montoya, relégué à un tour), Jarno Trulli remporte son premier (et seul à ce jour) Grand Prix de F1.
Palmarès / Par années 1929 : William Grover-Williams - Bugatti 1930 : René Dreyfus - Bugatti 1931 : Louis Chiron - Bugatti 1932 : Tazio Nuvolari - Alfa Romeo 1933 : Achille Varzi - Bugatti 1934 : Guy Moll - Alfa Romeo 1935 : Luigi Fagioli - Mercedes-Benz 1936 : Rudolf Caracciola - Mercedes-Benz 1937 : Manfred von Brauchitsch - Mercedes-Benz 1938-1947 : Non couru 1948 : Giuseppe Farina - Maserati 1949 : Non couru 1950 : Juan Manuel Fangio - Alfa Romeo 1951 : Non couru 1952 : Vittorio Marzotto - Ferrari 1953-1954 : Non couru 1955 : Maurice Trintignant - Ferrari 1956 : Stirling Moss - Maserati 1957 : Juan Manuel Fangio - Maserati 1958 : Maurice Trintignant - Cooper-Climax 1959 : Jack Brabham - Cooper-Climax 1960 : Stirling Moss - Lotus-Climax 1961 : Stirling Moss - Lotus-Climax 1962 : Bruce McLaren - Cooper-Climax 1963 : Graham Hill - BRM 1964 : Graham Hill - BRM 1965 : Graham Hill - BRM 1966 : Jackie Stewart - BRM 1967 : Denny Hulme - Brabham-Repco 1968 : Graham Hill - Lotus-Ford 1969 : Graham Hill - Lotus-Ford 1970 : Jochen Rindt - Lotus-Ford 1971 : Jackie Stewart - Tyrrell-Ford 1972 : Jean-Pierre Beltoise - BRM 1973 : Jackie Stewart - Tyrrell-Ford 1974 : Ronnie Peterson - Lotus-Ford 1975 : Niki Lauda - Ferrari 1976 : Niki Lauda - Ferrari 1977 : Jody Scheckter - Wolf-Ford 1978 : Patrick Depailler - Tyrrell-Ford 1979 : Jody Scheckter - Ferrari 1980 : Carlos Reutemann - Williams-Ford 1981 : Gilles Villeneuve - Ferrari 1982 : Riccardo Patrese - Brabham-Ford 1983 : Keke Rosberg - Williams-Ford 1984 : Alain Prost - McLaren-TAG 1985 : Alain Prost - McLaren-TAG 1986 : Alain Prost - McLaren-TAG 1987 : Ayrton Senna - Lotus-Honda 1988 : Alain Prost - McLaren-Honda 1989 : Ayrton Senna - McLaren-Honda 1990 : Ayrton Senna - McLaren-Honda 1991 : Ayrton Senna - McLaren-Honda 1992 : Ayrton Senna - McLaren-Honda 1993 : Ayrton Senna - McLaren-Ford 1994 : Michael Schumacher - Benetton-Ford 1995 : Michael Schumacher - Benetton-Renault 1996 : Olivier Panis - Ligier-Mugen Honda 1997 : Michael Schumacher - Ferrari 1998 : Mika Häkkinen - McLaren-Mercedes 1999 : Michael Schumacher - Ferrari 2000 : David Coulthard - McLaren-Mercedes 2001 : Michael Schumacher - Ferrari 2002 : David Coulthard - McLaren-Mercedes 2003 : Juan Pablo Montoya - Williams-BMW 2004 : Jarno Trulli - Renault 2005 : Kimi Räikkönen - McLaren-Mercedes 2006 : Fernando Alonso - Renault 2007 : Fernando Alonso - McLaren-Mercedes Par nombre de victoires pilotes 6 : Ayrton Senna 1987, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993 5 : Graham Hill 1963, 1964, 1965, 1968, 1969 Michael Schumacher 1994, 1995, 1997, 1999, 2001 4 : Alain Prost 1984, 1985, 1986, 1988 3 : Stirling Moss 1956, 1960, 1961 Jackie Stewart 1966, 1971, 1973 2 : Juan Manuel Fangio 1950, 1957 Maurice Trintignant 1955, 1958 Niki Lauda 1975, 1976 Jody Scheckter 1977, 1979 David Coulthard 2000, 2002 Fernando Alonso 2006, 2007 1 : Jack Brabham 1959 Bruce McLaren 1962 Denny Hulme 1967 Jochen Rindt 1970 Jean-Pierre Beltoise 1972 Ronnie Peterson 1974 Patrick Depailler 1978 Carlos Reutemann 1980 Gilles Villeneuve 1981 Riccardo Patrese 1982 Keke Rosberg 1983 Olivier Panis 1996 Mika Häkkinen 1998 Juan Pablo Montoya 2003 Jarno Trulli 2004 Kimi Räikkönen 2005 Par nombre de victoires constructeur 14 : McLaren 1984, 1985, 1986, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1998, 2000, 2002, 2005, 2007 9 : Ferrari 1952, 1955, 1975, 1976, 1979, 1981, 1997, 1999, 2001 7 : Lotus 1960, 1961, 1968, 1969, 1970, 1974, 1987 5 : British Racing Motors 1963, 1964, 1965, 1966, 1972 4 : Bugatti 1929, 1930, 1931, 1933 3 : Alfa Romeo 1932, 1934, 1950 Cooper 1958, 1959, 1962 Maserati 1948, 1956, 1957 Mercedes-Benz 1935, 1936, 1937 Tyrrell 1971, 1973, 1978 Williams 1980, 1983, 2003 2 : Benetton 1994, 1995 Brabham 1967, 1982 Renault 2004, 2006 www.acm.mc |